Artisanat - Industrie manufacturère - en Iran - CIRCUITS EN IRAN

Téhéran, Tehran, Kashan, Kachan, Ispahan, Esfahan, Shiraz, Chiraz, Yazd, Kerman, Bam, Mashhad, Machhad, Qom, Tabriz, Ahvaz, Suse, Persepolis, Persépolis, Naqsh-e Rostam, Pasargad, Passargad, Golestan, Kish, Qeshm
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CIRCUITS EN IRAN

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Artisanat - Industrie manufacturère - en Iran

Tout Savoir sur l'Iran
Artisanat

Au bazar, entre les senteurs d’épices enivrantes, les milliers d’étoffes et les tissus chatoyants, les Arts de la céramique, de la mosaïques, les miniatures, et les célèbres tapis persans, le visiteur est vite séduit par la richesse et la qualité de l’artisanat.

Les tapis iraniens ne sont-il pas les meilleurs du monde? Et les produits artisanaux comme les marqueteries, les émailleries, les broderies, les poteries reflètent tous les beautés naturelles de cet immense pays.

Les tapis persans bénéficient d’une renommée internationale de premier plan, mais il existe bien d’autres souvenirs à rapporter d’un voyage en Iran. Car l’artisanat constitue traditionnellement l’une des richesses essentielles de l’économie du pays.

On compte en effet aujourd’hui plus de 9 millions d’Iraniens qui travaillent dans cet important secteur d’activité qui produit bien entendu des tapis mais aussi de la verrerie, de la céramique, de la poterie et des bijoux de grande qualité.

Qu’ils soient en laine, en soie ou en mélange de ces deux matières, chacun connaît la grande variété de dessins, de couleurs, de dimensions et de prix offert par les fabricants de tapis présents dans toutes les régions du pays.

Ils vous permettront de meubler ou de décorer agréablement votre intérieur. Des archéologues ont découvert dans l’est de l’Anatolie des tapis Kilim de plus de 7 000 ans d’âge – de l’époque arsacide - qui sont considérés comme les plus vieux du monde.

Par la suite, les tribus nomades vivant dans les plaines de Moqan, Ahar, Arasbaran et Meshkin Shar ont également utilisé cette technique et aujourd’hui la plupart des communautés rurales de tout l’Iran continue à produire des tapis Kilim.

En Azerbaïdjan et à Ardabil, vous goûterez le miel et les confiseries traditionnelles, sorte de nougat, à base de miel et d’amandes.

A Qom, vous dégusterez une autre variété de confiserie appelée «Sohan», tandis que les habitants d’Ispahan vous conseilleront, bien sûr, le «Gaz».
A Kerman, vous pourrez parcourir les plantations de pistachiers, et de palmiers-dattiers dans les régions du sud et du sud-ouest. Au centre du pays, à Yazd, vous trouverez les délicieuses pâtisseries telles que le «Baklava» et le «Qottab».


Au Khorasan (nord-est), vous vous retrouverez au centre de la culture du safran.

Et dans la ville de Saveh, au sud de Téhéran, vous pourez goûter aux meilleures grenades. Ces confiseries, ces fruits et ces friandises, ainsi que des produits artisanaux sont des souvenirs d’Iran.

Quant aux autres productions de l’artisanat iranien, elles bénéficient, elles aussi, d’une tradition immémoriale qui concerne aussi bien le travail des métaux et la fabrication des objets en cuivre martelé, en marqueterie, en papier mâché, en cuir, les verres colorés, les nappes imprimées à l’ancienne ou les miniatures sur os. Les souvenirs du bazar de Machhad sont des bijoux turcomans en argent, des turquoises et du safran.
La diversité des pratiques artisanales iraniennes

Afsaneh Pourmazaheri, Farzâneh Pourmazâheri

On appelle arts traditionnels, l’ensemble des pratiques artistiques, authentiques et populaires des indigènes d’un pays. Ces arts proviennent des croyances, des traditions et des mœurs, bref de la culture intangible, d’une société. Les Iraniens, quant à eux, n’ont jamais cessé (leur longue histoire aidant) d’innover dans les divers domaines relatifs à l’artisanat, au spectacle traditionnel, à la musique régionale, etc. Parmi ces derniers, l’artisanat fut et reste le mode d’expression le plus prisé.

Souvent l’artisanat est défini comme art-industrie ou art appliqué, par opposition ou du moins en complément à l’art pur. Pour qu’une œuvre soit qualifiée d’artisanale, elle doit comporter trois traits essentiels : elle doit être fabriquée avec une matière première issue de la région en question, une partie du travail au moins doit être effectuée par la main de l’artiste, et pour finir, chaque œuvre doit également porter la trace du goût personnel et de la griffe artistique du fabricant.

Fort de toutes ces qualités, l’artisanat iranien attire annuellement un grand nombre de visiteurs des quatre coins du monde. On y compte plus de 160 domaines concernant cette forme d’expression. Le choix diversifié des différents objets produits, entre autres le kelim (tapis tissé), le gabbeh, la tuile émaillée, l’enluminure et l’émaillage, justifie à lui seul l’intérêt des visiteurs.

Descriptif non exhaustif de quelques pratiques

L’artisanat sur métal

On compte dans cette catégorie : la gravure sur métal (qalamzani), l’encrage (davâtgari), le filigrane (malilehkâri), l’émaillage (minâkâri), l’orfèvrerie (talâsâzi), l’incrustation de l’or (talâkoubi), etc.

- La gravure sur métal

La gravure sur métal consiste à créer sur le métal des motifs décoratifs au marteau et au moyen de burins, le tout pour obtenir des objets métalliques ravinés ou relevés de motifs sous forme de haut et de bas relief.

La gravure sur métal est un art fin et précis, considéré comme difficile à maîtriser. On peut utiliser au choix le cuivre, l’or, l’argent, le laiton ou, d’une manière générale, les métaux malléables. Solidité oblige, le marteau est généralement en acier trempé et n’adopte que deux formes : le marteau raboteux et le marteau lisse.

Ce sont souvent les artisans eux-mêmes qui confectionnent leurs outils conformément à leurs besoins et à leur style de travail.

- L’émaillage

Cet art consiste à décorer les métaux, en particulier les métaux précieux, à savoir l’or et l’argent, en utilisant des émaux diversement colorés. Ces derniers sont à base d’oxydes métalliques et de verre. Après la phase de coloration, les objets passent au four. Ils sont ainsi cuits, ce qui permet de fixer définitivement la couleur des émaux.

Le principe de l’émaillage, que l’on appelle parfois la miniature sur feu, consiste à provoquer avec précision une série de transformations chimiques que l’artisan doit effectuer en bridant le feu. Deux formes d’émaillage sont très courantes en Iran : l’émaillage quadrillé et l’émaillage peint.

L’artisanat sur bois

Il concerne en particulier la gravure (monabbat), l’art de la mosaïque (mo’arraq), l’incrustation (khâtam), et la fabrication d’instruments de musique.

- La gravure (monabbat)

D’une manière générale, pratiquer la gravure ou monabbatkâri consiste à graver des motifs décoratifs sur le bois. Les hauts reliefs et bas reliefs obtenus sont généralement en forme de plantes, de fleurs ou d’animaux mais peuvent également être d’autres motifs selon le contexte.

Le bois est la matière première la plus importante de cet art. D’autres objets comme l’ivoire, le coquillage et l’os peuvent également servir de matière première selon la fantaisie de l’artisan ou la demande des clients. Afin de supporter les coups de marteau, le bois doit être assez solide et gras. De plus, il ne doit comporter ni veines ni nœuds.

Tous les arbres hormis les arbres à aiguille, comme le cyprès et le pin, peuvent être utilisés. Toutefois, les types de bois les plus utilisés par les spécialistes sont l’ébène, le santal, le jujubier, le poirier, le buis, le pommier, et le noyer.

- La mosaïque (mo’arraq)

Elle permet aux artisans de créer des formes animales, végétales ou humaines en juxtaposant des morceaux des bois en couleurs. Une fois prêt, l’ensemble est fixé avec de la colle sur un grand plan de bois ou sur une plaque en polyester.

Outre le bois, d’autres matériaux comme l’ivoire, le coquillage, l’os, les métaux (le cuivre, le laiton ou, plus rarement, l’or et l’argent) peuvent également être ciselés pour entrer dans la composition de l’œuvre.

Les morceaux de bois sont coupés sous forme de fines feuilles de 3 millimètres. La couleur et la texture variées des bois, donnent une beauté éclatante à l’œuvre. Certains bois possèdent des couleurs spectrales différentes comme le jujubier et le noyer. Les artisans experts, quant à eux, reconnaissent diverses formes de mo’arraq dont le mo’arraq sur bois, sur couleur, le mo’arraq gravé ou incrusté (khâtam). Dans le dernier cas, les morceaux incrustés remplacent le bois teinté.

- L’incrustation (khâtam)

Grâce à l’incrustation, l’artisan décore la surface des objets en juxtaposant des polygones réguliers en forme de mosaïque, sur un plan plat. Les polygones géométriques (entre 5 et 10 angles) sont eux-mêmes assemblés par juxtaposition des formes trigones (des triangles équilatéraux ou isocèles). Le coquillage, les fils de fer, la cire, la colle et diverses espèces d’arbres font parties intégrantes d’une œuvre incrustée.

La qualité du bois dans ce métier, ainsi que dans d’autres artisanats concernant le bois, est d’une importance capitale. Sont concernés l’ébène, le noyer, le jujubier, l’érable, le peuplier et le buis. Avec le temps, les artisans ont inventé de nouvelles manières d’incruster les surfaces, voire même la surface des objets décoratifs domestiques.

Le papier ouvragé

- La miniature (negârgari)

La peinture persane (negârgari) occupe un vaste domaine dans l’univers artistique persan. Elle est utilisée tantôt pour la décoration des livres et des manuscrits (l’enluminure, l’image des fleurs et des oiseaux), tantôt pour celle des murs (les murs intérieurs des cafés traditionnels iraniens par exemple).

Pourtant l’appellation de negârgari, est un fait récent. Il y a un siècle, cette peinture iranienne connue en Occident sous le nom de miniature, fascina les artistes et les chercheurs d’Occident et d’Orient.

Ce mot était impropre car le terme miniature (qui veut dire très petit) est en vérité un mot français entré dans le vocabulaire persan sous les Qâdjârs. Chez les artistes persans, la miniaturisation des figures et des images n’était pas à ce point importante pour faire école.

Pour ces derniers, l’essentiel était de modifier leur peinture afin de « suggérer » (plus que représenter) un monde spirituel. Ainsi ils créaient un monde beau et idéal, en même temps irréel, fictif et légendaire, pour enchanter le spectateur.

La perspective était familière à l’artiste persan. Pourtant, il était assez indifférent à son usage. La raison en est que pour lui, révéler la vérité d’une œuvre comptait plus que le fait de se saisir de la réalité. En Iran, un grand nombre de peintres n’hésitèrent pas à fonder leur propre école (genre) de peinture, mais actuellement, seules quelques unes de ces tendances sont encore en vogue dont l’école Abassi, l’école Seldjoukide, l’école Mongole, l’école de Tabriz et l’école d’Ispahan.

- Dorure et enluminure (tazhib)

Le mot tazhib est l’équivalent du verbe dorer, décorer en or, incruster ou battre l’or sur quelque chose. C’est un ensemble de motifs inspirés de la nature et présentés sous une forme géométrique et régulière.

Ces motifs sont d’abord décorés au moyen de tracés noirs et dorés pour être ensuite complétés par des couleurs comme l’azur et le cinabre. L’histoire du tazhib en Iran remonte à plusieurs milliers d’années. Pourtant, cette pratique a connu un grand succès dans le dernier millénaire, notamment sous l’islam.

Avec le Coran et la tradition d’enluminure qui lui est rattachée, le tazhib s’installa progressivement jusqu’à devenir le meilleur outil de valorisation du Livre.

Le tissu ouvragé

-L’ imprimerie

On connait deux formes d’imprimerie traditionnelle de tissu : la toile imprimée (qalamkâr) et le batik (kalaghe’i). L’imprimerie batik est aujourd’hui très appréciée dans des pays comme la Thaïlande, le Sri-lanka, l’Indonésie et l’Inde. On la reconnait en Iran sous le nom de kalaghe’i. L’Azerbaïdjan et la ville de Tabriz en sont les principaux centres de production.

Dans le passé, on pratiquait ce type d’embellissement vestimentaire avec des moyens très simples comme le tampon, le moule, les couleurs naturelles, etc. Aujourd’hui, pour colorer les motifs sur le tissu à l’aide de cette technique, on couvre le tissu avec de la cire et du cirage.

Apres avoir coloré tout le vêtement, on fait fondre la cire et on rince. Ce processus doit être répété plusieurs fois d’affilée en vue d’atteindre la couleur et la forme souhaitée.

La Perse fut l’un des berceaux de l’art du tissage. Cette pratique est pour beaucoup redevable à l’inventivité des tisseurs iraniens qui apportèrent de nombreux progrès dans ce domaine : le djâdjim, le brocart (zari), le cachemire (termeh) et le châle en offrent quelques exemples.

En Iran, grâce à la diversité végétale, la situation géographique du pays et les événements qui ont jalonné depuis plus de sept milles années d’histoire, l’art et l’artisanat persan continuent de déployer un large éventail d’objets de valeur issus des quatre coins du pays.

Bibliographie
  • Volf, Hans, Târikh-e Sanâye’ dasti-e kohan-e Irân (Histoire des arts traditionnels de l’Iran), traduit par Sirous Ebrâhim Zâdeh, éditions Enghelâb Eslâmi, Téhéran, 1993.
  • Yavari, Hossein, Ashenâ’i bâ honarhâ-ye sonnati (Introduction aux arts traditionnels), Sâzemân-e Mirâs-e Farhangi (Organization des artisanats iraniens), Téhéran, 1994.

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